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Matière

Le béton banché, matière de la côte

Coulé sur place entre deux coffrages, il donne aux maisons de l’Atlantique leur masse, leur inertie et cette texture de planche qu’on reconnaît au toucher.

Par Claire Vasseur2 octobre 20265 min de lecture
Le béton banché, matière de la côte

Banché vient de banche, le grand panneau de coffrage entre lequel on coule le béton. Contrairement au parpaing, le mur sort d’une seule pièce, armé, sans joints. Quand le coffrage est en planches brutes, le bois laisse son empreinte : on parle de béton planche, et chaque mur garde la trace de son moule.

Une masse qui régule

Sur la côte, l’intérêt est d’abord thermique. Un mur de vingt centimètres de béton stocke la chaleur du jour et la restitue la nuit ; isolé par l’extérieur, il lisse les écarts de température et limite le recours à la climatisation l’été. C’est une des raisons pour lesquelles la Villa Cerne atteint la classe A sans dispositif spectaculaire.

Le béton ne vieillit pas, il se patine. C’est la seule matière qui gagne à recevoir les embruns.Atelier Morel & Ibarra

Ce qu’il faut vérifier

Près de l’océan, l’air chargé de sel attaque les armatures si l’enrobage, l’épaisseur de béton qui les protège, est insuffisant. Avant d’acheter, demandez le dossier des ouvrages exécutés : il précise la classe d’exposition retenue et la nature des traitements de surface. Une lasure minérale, à renouveler tous les dix à quinze ans, suffit en général à garder un mur sain et clair.